La disposition individuelle au changement comme levier de compréhension et d’amélioration
Bien qu’ils soient pensés comme des vecteurs de progrès, d’optimisation du fonctionnement et d’accroissement de la performance, de nombreux changements organisationnels ne sont pas implémentés tels qu’ils ont été planifiés, et cela malgré le temps considérable passé à les préparer. Le constat est sévère pour qui souhaite conduire un changement. La recherche d’explications mène souvent à mettre en cause le facteur humain dans ces échecs et plus particulièrement la résistance au changement des individus puisqu’un sondage IFOP met en évidence le fait que seulement 11% des professionnels ayant vécu un changement y ont adhéré fortement. Dès lors, la question se pose : quelles pratiques de préparation des changements prédisent leurs succès ? La phase de préparation est d’autant plus cruciale que l’on sait à la lumière de travaux scientifiques (Weiner, 2009 ; Holt et Collaborateurs, 2010) que plus les membres de l’organisation témoignent d’une forte disposition à changer, plus cela favorise le succès de la démarche. Cela s’explique par le fait que lorsqu’ils sont disposés à changer, les membres de l’organisation sont plus susceptibles d’initier le changement, de déployer des efforts pour le soutenir, de persister face aux challenges ou éventuels obstacles qui se présentent et de faire preuve de plus de comportements coopératifs. Les composantes de la disposition au changement : Plusieurs éléments sous-tendent la plus ou moins grande disposition au changement. Certains sont liés aux conditions structurelles dans lesquelles se met en œuvre le changement (ex : présence des financements suffisants ou encore, présence d’un plan détaillé de mise en œuvre) tandis que d’autres renvoient aux attitudes, croyances et ressentis. Ce sont donc des indicateurs psychologiques relevant des perceptions. La disposition au changement est à prendre en considération à deux niveaux : le niveau des individus et le niveau de l’organisation. Nous aborderons dans cet article la disposition individuelle, la disposition organisationnelle fera l’objet d’un prochain article.
Les ingrédients de la disposition individuelle au changement :
La disposition individuelle au changement renvoie au degré auquel les membres concernés par le changement ont le sentiment d’être prêts, sont motivés et se sentent techniquement capables de le mettre en œuvre.
Sur le plan structurel, il convient de se demander si chaque individu dispose des connaissances et des compétences qui correspondent au changement.
Ainsi, des travaux scientifiques de Holt et al. en 2010 montrent que les facettes du projet soumises au jugement de chaque individu sont au nombre de 4. Il s’agit de la pertinence du changement, de sa valeur, du soutien du management et enfin, de son propre sentiment d’efficacité. Le jugement de ces facettes peut être résumé par les questions suivantes :
- Ce changement est-il, selon moi, utile, intéressant, pertinent ?
- Ce changement va-t-il m’être personnellement bénéfique ou délétère ?
- Mes supérieurs soutiennent-ils ce projet ?
- Est-ce que je me sens capable d’être utile, de rendre la démarche efficace ?
- Holt et al. (2007)
- Holt et al. (2010)
- Oreg et al. (2011)

