Il y a quelques années, nous vous parlions du besoin de récupération, de ses conséquences et des pré-requis pour y remédier. À l’approche des ponts de mai, qui constituent de belles opportunités de récupération, nous avons choisi de re-partager cet article. 

Qu’est ce que le besoin de récupération ?

Partant du principe que le travail est à l’origine de dépenses énergétiques tout au long de la journée, le modèle effort-récupération propose que ces efforts et la consommation de ressources induite résultent en une activation de symptômes émotionnels, cognitifs et comportementaux qui reflètent un besoin de récupération.

Ce besoin de récupération peut être caractérisé par des sentiments de surcharge, d’irritabilité, de retrait social, de manque d’énergie pour un nouvel effort et de performance réduite.

Toutefois, puisqu’il faut un certain temps pour inverser l’activation de ces symptômes, il est nécessaire que les professionnels concernés disposent de suffisamment de temps pour récupérer (que ce soit pendant ou après le travail) afin de pouvoir débuter la journée du lendemain (qu’il s’agisse d’une journée de travail ou dans la sphère privée) sans symptômes résiduels.

Ainsi, les efforts et l’énergie dépensés au travail génèreraient un besoin de récupération pouvant être observé particulièrement durant les dernières heures de travail ou immédiatement après le travail, voire de manière durable si le besoin de récupération n’est pas satisfait. Or, des études ont démontré que plus les efforts au travail ont été intenses (charge physique, cognitive, émotionnelle), plus le temps de récupération nécessaire est long.

Quelles conséquences ? 

Lorsque les possibilités de récupération ne sont pas suffisantes, les professionnels débutent la journée suivante avec un besoin de récupération résiduel. En d’autres termes, les efforts dépensés dans la sphère professionnelle peuvent entraîner des réactions de surcharge cumulatives négatives, qui se transfèrent dans toutes les sphères de vie.

Le caractère réversible de ces situations de cumul dépendrait d’une récupération suffisante permettant au système psychobiologique de se stabiliser avant l’atteinte d’un seuil critique de surcharge.

À défaut d’une récupération suffisante, ces réactions de surcharge s’accumuleraient, entrainant des conséquences chroniques sur la santé telles que de la fatigue prolongée, des troubles du sommeil mais également des niveaux plus élevés d’activité cardiovasculaire, une altération du fonctionnement immunitaire ou encore des conséquences sur la santé physique et psychologique à moyen et long terme.

Le temps passé hors travail équivaut-il forcément à une opportunité de récupération ?

Parce que la récupération peut se faire durant le travail mais aussi hors de la sphère professionnelle, l’importance de la récupération durant les heures hors travail est de plus en plus reconnue dans la protection des travailleurs face aux effets négatifs des contraintes professionnelles mais également dans la performance au travail de ces derniers.

Cependant, si la nécessité des processus de récupération hors travail a été démontrée, le temps passé hors travail, n’équivaut toutefois pas nécessairement à un temps de récupération.

Premièrement, l’opportunité de récupérer hors travail dépend de la nature des activités exercées sur ce temps, les obligations domestiques pouvant générer une accumulation supplémentaire d’efforts et ne pas laisser place à la récupération et à la restauration des ressources.

Deuxièmement, la possibilité de récupérer renvoie à la nécéssité de se détacher psychologiquement du travail durant les heures hors-travail, c’est à dire à la distanciation du travail non seulement physiquement mais également psychologiquement durant les heures hors travail. Cette distanciation, appelée détachement psychologique, serait moins possible lorsque la charge de travail est élevée et prédirait une augmentation du besoin de récupération.

Pour conclure.

Parce qu’il constitue un indicateur psychologique précoce prédisant des conséquences négatives sur la santé physique et psychologique, le besoin de récupération représente un indicateur particulièrement intéressant en termes de prévention -et non d’intervention curative- de l’impact du travail sur la santé des professionnels.

Alors, durant les ponts de mai, coupez !

Quelques références :

  • Binnewies, Sonnentag, & Mojza, 2009
  • de Bloom, Geurts, Sonnentag, Taris, de Weerth, & Kompier, 2011
  • Geurts & Sonnentag, 2006
  • Maslach, Schaufeli, & Leiter, 2001
  • Meijman & Mulder, 1998
  • Sanz-Vergel, Demerouti, Bakker, & Moreno-Jimenez, 2011
  • Sluiter, Frings-Dresen, van der Beek, & Meijman, 2001
  • Sonnentag, Perrewe, & Ganster, 2009
  • Sonnentag, Kuttler, & Fritz, 2010
  • van Veldhoven & Broersen, 2003

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