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Comprendre et prévenir la fatigue numérique (1/2)

18 Mar, 2022
fatigue numériuque

Partie 1 sur 2 : Prévenir la fatigue oculaire

 

Depuis la crise sanitaire, de nombreux travailleurs français ont dû adapter leurs habitudes de travail menant vers un usage massif du télétravail et des technologies de l’information et de la communication. Ce phénomène a alors soulevé plusieurs problématiques dans le champ de la santé et de la sécurité au travail dont, notamment, l’apparition de la fatigue numérique selon ses deux versants : la fatigue oculaire et la fatigue cognitive. 

Cet article se propose alors de dresser une définition du premier versant de la fatigue numérique et d’en soulever les risques associés pour y apporter des moyens de prévention. 

 

Un contexte propice à l’émergence de nouveaux risques

L’année 2020, fortement impactée par la crise sanitaire, a considérablement modifié les pratiques courantes du travail menant vers un plus large usage du télétravail avec environ 31% de télétravailleurs français en 2021 (Malakoff Humanis, 2021). Le nombre de jours télétravaillés en France a lui aussi augmenté pour atteindre une moyenne de 3,6 jours par semaine alors qu’il ne comptait que 1,6 jour en fin 2019. Ainsi, la croissance exponentielle de la pratique courante du télétravail a provoqué de multiples changements dans les habitudes de travail et a soulevé de nouvelles problématiques de santé et de sécurité au travail (SST). 

L’un des risques majeurs émanant de l’usage régulier du télétravail se trouve être la fatigue numérique. En effet, la pandémie a accentué cet état de fatigue oculaire par l’utilisation presque constante des technologies de l’information et de la communication (TIC) amenant à une sollicitation excessive des écrans. 

Selon une étude de Salinas-Toro et ses collaborateurs (2021), le contexte pandémique aurait provoqué une augmentation des symptômes de fatigue oculaire et une prévalence élevée de la sécheresse oculaire par l’utilisation importante des écrans, principalement chez les étudiants et les professeurs. 

De même, l’Agence Européenne pour la Sécurité et la Santé au Travail a rapporté une apparition importante chez les télétravailleurs de maux de tête et de fatigue oculaire, causant des désagréments chez 48,8 % d’entre eux contre seulement 36,2% chez les travailleurs sur site (EU-OSHA, 2021).

La fatigue oculaire, tout comme les troubles musculo-squelettiques (TMS), semble alors être un facteur important à prendre en compte dans notre rapport au télétravail, d’autant plus en situation d’après-crise lorsque les pratiques de télétravail sont toujours adoptées. Il paraît alors indispensable de dresser une définition ainsi qu’une symptomatologie associée à la fatigue oculaire pour mieux en considérer les risques sous-tendus.

 

La fatigue oculaire

La fatigue oculaire correspond à un état d’épuisement mental et d’inconfort visuel lié à la surexposition aux écrans. Elle comprend plusieurs symptômes : 

  • Un inconfort oculaire,
  • Une fatigue visuelle,
  • Des maux de tête, 
  • Une vision floue ou une double vision,
  • Des yeux larmoyants, secs, rouges ou irrités,
  • Une sensibilité accrue à la lumière,
  • Une sensation d’un système visuel surchargé,
  • Une sensation de brûlure ou des démangeaisons au niveau des yeux,
  • Un épuisement des systèmes de mises au point et de contrôle oculaire

D’autre part, l’utilisation intensive des écrans entraîne un clignement des yeux moins rapide et par conséquent une sécheresse des yeux (ou syndrome des yeux secs). Ce phénomène est caractérisé par une insuffisance de larmes administrées par les glandes lacrymales qui sont ensuite étalées sur la surface de l’œil par le clignement des paupières (Assurance Maladie, 2021). 

D’autres symptômes physiques auxquels on ne pense pas forcément peuvent découler de la fatigue numérique. En effet, en se concentrant sur une tâche visuellement intense, les muscles des paupières, du visage, des tempes et de la mâchoire se contractent et provoquent de l’inconfort ou des douleurs du fait de la forte sollicitation de ces muscles. 

Ainsi, tous ces symptômes isolés ou accumulés provoquent des désagréments et perturbent la concentration dans les tâches de travail, pouvant mener à une perte de performance, voire même à un accroissement des erreurs et de l’anxiété chez les télétravailleurs. 

 

Prévenir la fatigue oculaire

La fatigue oculaire est un phénomène commun et bien qu’elle soit inconfortable, elle n’entraîne pas de conséquences graves et permanentes à la vision. Toutefois, il est important de réduire voire supprimer ses effets néfastes pour une meilleure performance et un meilleur bien-être au travail. 

En effet, la fatigue oculaire survient lorsque les yeux sont surmenés et par conséquent il y a de nombreux moyens de prévention. 

Mieux organiser son espace et dispositif de travail : 

  • Positionnez votre ordinateur entre 50 et 70 cm de votre visage, équivalent à la distance d’un bras. Le centre de votre écran doit également être entre 10 à 15 degrés plus bas du niveau de vos yeux pour un meilleur confort visuel.
  • Assurez-vous que l’éclairage de la pièce dans laquelle vous utilisez un écran est suffisamment lumineux pour prévenir la fatigue visuelle.
  • Augmentez le contraste de votre écran et réglez la luminosité de l’écran à celle de la pièce dans laquelle vous travaillez. L’écran ne doit pas être plus clair ou plus sombre que l’environnement de travail.
  • Utilisez un filtre à écran mat qui bloque les effets éblouissants. Pensez à prévenir les réflections des rayons de soleil sur votre écran en orientant plus ou moins la perpendicularité de votre écran face aux fenêtres.
  • Pensez également à agrandir le texte et activer le mode d’éclairage nocturne pour bloquer la lumière bleue et protéger vos yeux. 
  • Abaissez la température de couleur de votre écran. Cela signifie qu’il dégagera moins de lumière bleue, qui est liée à plus de fatigue oculaire.

Faire des pauses : 

La règle 20-20-20 est un moyen efficace pour prévenir de la fatigue oculaire. Elle consiste à regarder un objet à au moins 20 pas de distance pendant 20 secondes toutes les 20 minutes.

Prenez une pause d’environ 15 minutes après toutes les 2 heures passées sur un écran.

Prévenir la sécheresse oculaire : 

  • Pensez à cligner des yeux plus souvent pour éviter la sécheresse oculaire. En effet, les écrans réduisent le taux de clignement des yeux de 7 à 8 par minute alors qu’en temps normal, nous clignons des yeux 12 à 15 fois.
  • Placez un humidificateur dans votre pièce de travail.
  • Utilisez des larmes artificielles pour humidifier vos yeux et éviter de les irriter.

Optez pour des dispositifs adaptés à votre vue : 

  • Portez des lunettes ou des lentilles avec une protection anti-reflet qui va venir protéger vos yeux des fortes luminosités provenant de votre écran. 
  • Réalisez un bilan complet de votre vue pour identifier les causes de vos symptômes. Certains symptômes de la fatigue oculaire peuvent être la conséquence d’une baisse de la vue (maux de tête) et nécessitent donc de consulter un.e ophtalmologiste qui saura adapter des dispositifs à votre vue et facilitera vos tâches numériques.

 

L’autrice :

Sarah Houdas-Aid est étudiante en Master 1 de Psychologie Sociale du Travail et des Organisations à l’Université d’Angers. Sarah aspire à devenir psychologue du travail. Elle est particulièrement attirée par le champ de la promotion de la qualité de vie au travail au sein des entreprises. 

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